Après une longue période de travaux, la médiathèque Camus de Bourg-en-Bresse a rouvert au public et a été inaugurée le 7 septembre 2019.

A l’occasion de cette rénovation, l’entrée principale de la médiathèque qui se trouvait avenue Alsace-Lorraine et qui n’était pas accessible aux personnes à mobilité réduite, a été déplacée à l’angle de la rue Lalande. L’entrée de l’avenue Alsace Lorraine sera uniquement ouverte pour des évènements exceptionnels.

Quitte à créer une nouvelle entrée principale nous, personnes handicapées, aurions hautement apprécié qu’elle soit accessible, histoire de nous donner l’impression d’être un peu comme tout le monde et de ne plus avoir à emprunter une entrée spécifique vécu par certains d’entre nous comme une « entrée de service ». L’inclusion aurait fonctionné à plein régime !

Un tel projet aurait été réalisable si Jean-François DEBAT, le maire en exercice de Bourg, en avait eu la volonté, mais tel n’a pas été le cas. Par exemple, l’élu aurait pu exiger de l’architecte qu’il conçoive une même entrée pour tous à l’arrière du bâtiment, côté rue Lalande. D’autres solutions étaient envisageables comme par exemple, celle d’ouvrir en permanence l’entrée principale de l’avenue Alsace-Lorraine et d’équiper son hall intérieur, d’un ascenseur. Mais ce ne sont pas les solutions qui ont été retenues.

Le choix de la ville s’est donc porté sur une entrée principale créée en lieu et place d’une ancienne fenêtre et flanquée de deux belles envolées de marches. Ça en jette et ça a de la gueule ! L’esthétique l’a emporté sur l’égalité, c’est dans l’air du temps ! Les personnes à mobilité réduite sont donc invitées à continuer à utiliser l’entrée dissociée à l’arrière du bâtiment.

Durant la période des travaux, lorsque nous avons pris conscience du non changement des conditions d’accès des personnes handicapées à la médiathèque, nous nous sommes penchés sur la loi, histoire de vérifier la légalité de ce choix.

Que dit la loi ?

L’arrêté du 8 décembre 2014 dispose que : « (…) Dès lors qu’une entrée principale ne peut pas être rendue accessible selon les dispositions prévues à l’article 4, l’accessibilité d’une entrée dissociée peut être envisagée (…)».

On ne peut pas vraiment dire que l’entrée principale ne pouvait pas être rendue accessible, puisque celle-ci a été délibérément créée à un endroit rendant l’accessibilité impossible ! Néanmoins, si le projet a pu aboutir en l’état, c’est que la loi est suffisamment permissive pour autoriser de telles réalisations…

Dans cette histoire, quelque chose nous fait malgré tout chaud au coeur : c’est que vous êtes un certain nombre de personnes valides à vous être émues de cette situation et à nous l’avoir fait savoir… Donc, merci à vous.